Le temps est venu – Contribution pour une plateforme commune

La pandémie de Covid sonne l’alerte. Les crises sociale, économique, environnementale, démocratique s’aggravent. Elles appellent une alternative, un autre récit. Le terrorisme djihadiste exacerbe les haines, les propos belliqueux et guerriers, les amalgames à propos de l’Islam… Tout oblige à engager des changements radicaux. Le temps du commun doit advenir.

Les divisions découragent. Rien n’est inéluctable. L’unité pour faire 2022 en commun est indispensable. Avancer autrement : cela dépend de toutes et tous.

Répondre aux urgences, préparer l’avenir

Répondons ensemble aux urgences ! Ce sera un socle pour un contrat de législature partagé et un candidat commun en 2022. Des programmes existent discutons-en ! Pas de préalable à l’unité mais des contributions multiples pour agir dès maintenant et préparer l’avenir.

Nous mettons en débat des propositions :

* Combattre la pauvreté et la précarité ne peut attendre.  Un objectif commun   peut rassembler de l’étudiant boursier au chômeur, retraité ou précaire : personne au-dessous d’un seuil de pauvreté à 1250€.

* Augmenter les salaires. Le SMIC doit être revalorisé. Les salaires de tous les « premiers de corvée » aussi ! 300 euros de plus par mois est le chiffrage  avancé par le personnel hospitalier.

* Défendre le maintien intégral des salaires à 100%. Construisons une Sécurité sociale professionnelle, couvrant le risque de chômage.

* Reconstruire le droit du travail : des droits renforcés et nouveaux pour les salariés et pour les précaires, protection contre les licenciements, des comités hygiène et sécurité dans le travail… Retrait des projets de  casse des retraites et de l’assurance chômage. 

* Élargir le champ des services publics et assurer une gestion démocratique nouvelle, renforcer le financement de la Sécurité sociale par les cotisations, développer une gestion démocratique par les travailleur.es et par les usager.es, étendre son rôle à d’autres champs de la société du domaine des communs, développer la prévention.

* Revendiquer la baisse massive du temps de travail et le droit à la formation tout au long de la vie.

* Promouvoir une écologie de rupture contre les politiques néolibérales, climaticides, écocides, de captation des ressources.

* Engager la transition écologique. Redéfinir l’accès à l’eau, l’air, la terre, l’habitat, l’alimentation, la culture, le droit à la ville et à l’espace commun mais aussi les services publics dans un souci d’égalité, d’émancipation et de créativité partagée.

* Préserver la biodiversité, protéger la faune et la flore sauvage, lutter contre l’artificialisation des terres agricoles et naturelles, limiter au maximum les polluants.

* Réorienter les productions, en rapport avec les urgences écologiques, et avec la consolidation et le développement des services publics, relocaliser une économie fondée sur la demande et les besoins des générations actuelles et futures.

* Exiger des conditions contraignantes sociales et environnementales des aides publiques notamment des grandes entreprises.

* Reconstruire des droits civils, politiques et sociaux pour les français comme pour les étrangers. Mener des campagnes unitaires contre tous les racismes. Les dérives législatives, la remise en cause des droits et libertés démocratiques, les violences policières et les discriminations en réponse aux mobilisations sociales, féministes, antiracistes, à celles des migrants et sans papiers, à celles de la jeunesse… accentuent la mise à mal des droits fondamentaux.

* Populariser les éléments immédiats d’un dépassement de la 5ème République : redéfinition du rôle du Président, droit au référendum d’initiative citoyenne, droits d’intervention citoyenne, création « d’observatoires citoyens » dotés de moyens administratifs …

* Discuter de l’utilisation des milliards annoncés par l’Union européenne et le gouvernement. Partager autrement les richesses : dégager des ressources nouvelles avec la socialisation d’une partie des fortunes amassées du fait des politiques néolibérales.

Nous voulons échanger avec tous les peuples de l’Union européenne. La question des traités est posée. La coopération avec les peuples doit nous guider.

Nous voulons réinterroger toutes les instances internationales. Les accords de libre-échange, destructeurs de la planète et des biens communs, doivent être abrogés et des accords de coopération solidaire développés. Le pillage des ressources, les relations issues des périodes coloniales et post-coloniales actuelles doivent être éradiqués.

Pas de changement sans contrôle démocratique, sans engagement citoyen, sans extension des droits !

Tracer un chemin avec tous les appels, toutes les forces de changement, en s’organisant à tous les niveaux, c’est urgent.

Publié le 2 févr. 2021 par Les invités de Mediapart

Premiers signataires

ABALEAThierry

29Brest
ADAMÉtienneCol. chômage précarité
14Caen
AGEORGESGuillaume

13Marseille
ALAMARTINEFrançoise


Sète
AOUKarimFond. « lectures en transitions »
69Lyon
BACHELERIEJean



BENNETOTJacquesPaysan
76
BLANCGérard

73La Ravoire
BOUTETMartine

58Nevers
BRANCHEREAUJean-ClaudeSyndicaliste
76
BRAUDFlorence

95
CADEZBrunoJournaliste


CHESNEAUPhilippeMilitant écologiste
83Toulon
COMBASTEILJeanAncien député de la Corrèze
19
COURS-SALIESPierreSociologue
93Montreuil
CREUSArmand

69Lyon
DALLONGEVILLEAlain



DELBONNELJean-Pierre

73Chambéry
FARBIAZPatrick



FILOCHEGérardPorte parole de GDS
75
FOUQUERJean-MarieMilitant syndical et associatif
76N-D-de-Bondeville
GARCIAAlain

27Storac-en-Périgord
GLEIZESJérôme

75
GRAMMONTGabrielle



GRANGERMichel

69Lyon
GUERRIERDanielJournaliste retraité, éditeur


HERBOUXMarie-Claude

14Caen
IEHLCorinnesociologue
69Lyon
JOUMARDRobert

69Bron
LANCRYJean-Pierre
Normandie76Rouen
LE CROSNIERHervéÉditeur


LE VANAnne-Rose

34Montpellier
LERICHOMMEJacques

83Var
LUQUANDJean-PierreMilitant associatifPACA83Solliès-Pont
MAMETJean-Claude

93
MANGIONEÉricRéférent Place publique 19
19
MARTELGeorges

19
MASSIAHGustave

75
MAURINJean-Claude

26Saillans
MAURINOdileConseillère municipale
31Toulouse
MÉRIEUXRoland

75
METZThomas

31
MOTTO ROSBernard

30St Jean du Pin
NGUYENCéline



PARISAnne-Pascale



PAYEN VIGNEColette

38Grésivaudan
PETITJEANPatrickHistorien
64Bayonne
PRÉBOISChristian



QUINTALYvesMilitant altermondialiste


RABHILeila



SCIABBARRASIPascalEnseignant
74Annecy
THOUZEAUÉricCons. région.Pays de Loire

TOUCHEFEUCatherineCons. départ.Loire-Atlantique

VASSALOPatrickMilitant de l’émancipation
34Montpellier
VÉRITÉJérômeSyndicaliste


VICHERATPhilippe



14 réflexions sur “Le temps est venu – Contribution pour une plateforme commune

  • 4 février 2021 à 10 h 56 min
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    Bonjour,
    Pas de souci pour moi.
    Un regret toutefois: 2 points importants ne sont pas évoqués: le logement et la santé.
    Solidairement,
    Jean-Pierre DELBONNEL

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  • 4 février 2021 à 10 h 58 min
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    D’accord pour signer cette belle initiative, il me semble qu’il manque deux questions importantes :
    -1/l’Union Européenne : définir une stratégie de renégociation des traités,
    2/la paix : vivre en paix c’est quitter l’OTAN, qui divise l’Europe et mène une politique agressive contre la Russie et demain la Chine. L’intérêt de notre pays et d’une Europe indépendante est de prendre en main notre défense en quittant l’OTAN, il n’y a pas de politique étrangère souveraine sans politique de défense souveraine.
    Le rayonnement de notre pays et de l’Europe dépend de notre capacité à s’émanciper de l’administration américaine et de son bras armé l’OTAN. La France doit retrouver la place qu’elle occupait dans le monde lorsqu’elle était indépendante de l’OTAN et des l’administration américaine, ce qui vaut pour notre pays vaut pour l’Europe qui subit la politique de l’administration US : boycott (Iran, Russie, Venezuela  )extraterritorialité de la loi américaine, alignement sur la politique étrangère US : tension avec la Chine, avec la Russie, l’Iran, Venezuela, Cuba….

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  • 4 février 2021 à 11 h 03 min
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    Bonjour  ,

    Cette  initiative rejoint mes préoccupations !
    Je suis le groupe d’Eric   » Piolle  pour gagner  »  mais regrette que cet Épisode crucial pour notre pays ne prenne dans  notre Parti EELV  qu’une voie … éculée du schéma d’une PRIMAIRE  que  je redoute!
    Même s’il peut  y en avoir  une , mais  pas comme les autres fois !
    Avec les écueils de schémas répétés de la course des candidats déclarés … dont  les médias sont friands …et peut- être ravageurs .
    En effet EELV s’est contenté – mais c’est  légal et reconnu ! – de suivre les votes internes en Conseil Fédéral …selon les  Motions …que nous avons votées BIEN SÛR ! mais  pour  ce Moment si particulier et grave , j’aurais souhaité que les adhérents soient à nouveau consultés et au-delà des dites  Motions .
    Je préfère que le dit Candidat ..s’impose et émane de  la Base !
    Puisque telle n’est pas la préoccupation retenue …. cette Initiative de demander une CANDIDATURE UNIQUE 2022 me plaît .
    J’ai plusieurs idées  pour ce grand moment :
    par exemple ,  1- choix d’une  liste de mesures de Programme
                             2- liste proposée par  la base ( après les adhérents en interne , les CITOYENS )  de plusieurs NOMS présidentiables … soumis bien sûr , à l’acceptation des candidats révélés 
    Avec  JUGEMENT MAJORITAIRE
    Je réserve d’autres suggestions et  organisations sur  des  lieux dédiés 

    (…)

    Colette Payen Vigne  – Grésivaudan , Isère 

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  • 4 février 2021 à 11 h 05 min
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    faut-il parler pendant 2 ans par quinquennat des mégalomanes croyant que leur discours national est auto-réalisateur ? Ridiculisons leurs soutiens , appelons à la pression locale pour des grandes autonomies résilientes, et préparons sur cette base, localement, les élections de 2021 et les futures législatives. Marre des m’as-tu-vu.
    Philippe Vicherat

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  • 4 février 2021 à 11 h 08 min
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    Une remarque toutefois : pourquoi ne pas mettre l’élection à la proportionnelle d’une assemblée constituante pour définir une sixième république plutôt que ces « post-cinquième » proposés ?

    Car fondamentalement, c’est là qu’on peut trouver un point d’accord: celui ou celle qui va se présenter pour l’unité n’est là que pour deux ans, pas pour endosser le pardessus du roi-président. Son premier geste sera de mettre en place ce processus, qui redonnera donc une place politique à ses alliés.

    Mais je le répète, tous plus intéressés par l’étendue de leur petit territoire minable que par diriger le pays, surtout en situation de crise. Et devant les enjeux, c’est assez dramatique. Mais l’histoire est déjà tombée dans cette ornière, et le pire s’en est suivi. Il n’y a donc pas de raison que ça ne recommence pas.

    Bref, je les aime beaucoup, mais s’il y a plusieurs candidat·es, je n’irais pas voter. Je ne veux pas choisir entre plusieurs qui ne veulent pas gouverner. Comment feront-ils pour unifier le pays après si déjà avant, entre gens qui pensent globalement la même chose, ils ne sont pas capables de le faire ? Pourquoi voter pour être certain que la division nous fera perdre ?

    Amicalement,

    Hervé Le Crosnier

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  • 4 février 2021 à 11 h 09 min
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    J’ai lu avec intérêt votre tribune à laquelle j’adhère, si ce n’est qu’une nouvelle fois, et c’est récurrent avec la gauche, vous semblez ignorer qu’il existe dans ce pays des personnes en situation de handicap qui subissent des discriminations dénoncées par l’ONU.
    À noter que je suis parmi les premiers signataires de la rencontre de justice, et que je m’inquiète de voir fleurir une multiplicité d’appel. Si cela mène à une convergence de l’ensemble des tribunes, et qu’elles se revendiquent clairement de l’anticapitalisme ou a minima de ce que d’autres qualifieront de néolibéralisme, cela me convient.
    Si votre appel a vocation à s’adresser à tous les Français, sans aucune exclusive, il va falloir inclure 2 questions essentielles, la question de l’accessibilité, avec la défense de la conception universelle (il s’agit de partir des besoins des personnes les plus empêchées pour construire l’espace public, le bâti et l’organisation de la société, et de cesser de construire pour un individu normé jeune et en bonne santé) et donc la lutte contre le validisme, cette norme sociale qui fait de l’individu valide, l’idéal à atteindre. Le 2e point essentiel, c’est la nécessité de rendre effective le droit à compensation des situations de handicap, que ce soit avec des aides techniques, de fauteuil roulant à la prothèse auditive, avec des aménagements du logement et du véhicule, mais aussi avec des aides humaines, de façon à permettre aux personnes en situation de handicap de cesser d’être des objets de soins, et de devenir des sujets de droit, qui grâce à l’accessibilité à la compensation pourront mener leur vie à égalité avec les valides.
    Cela rejoint aussi la question de la prise en charge du vieillissement, et de la nécessité qu’il y a de cesser d’obliger les personnes âgées qui deviennent dépendantes d’aller finir leurs jours dans des établissements maltraitant qui profitent à des actionnaires. Là aussi il y a nécessité par l’accessibilité de permettre aux personnes vieillissantes de demeurer chez elle, sous réserve de mettre en place des services d’aide domicile de qualité, au lieu des services maltraitant pour les personnels et pour les usagers que nous avons aujourd’hui faute de financement suffisant et à cause du clientélisme qu’entretiennent les départements
    En résumé, il me semble difficile d’oublier encore une fois 15 % de la population, en oubliant pas que la grande majorité des handicaps sont invisibles.

    Bien cordialement.
    Odile MAURIN

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  • 4 février 2021 à 11 h 11 min
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    Un ami m’a transmis votre appel pour lutter contre la sinistrose, la division  …et tenter de rapprocher les diverses initiatives. Je suis tout à fait d’accord avec votre liste de propositions (à laquelle je rajouterais  volontiers
        • Lutter contre la concentration des médias.  Ils sont presque exclusivement aux mains d’une poignée de milliardaires qui les ont achetés pour formater l’opinion publique et faire pression sur  les décideurs politiques  ).
    Mais votre liste est déjà assez longue !

    GRANGER  Michel    69 Lyon

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  • 4 février 2021 à 11 h 14 min
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    Question : pourquoi un seuil de pauvreté en-dessous du SMIC ? Même si c’est un minima sociale amélioré, c’est toujours un minima social. Si on veut rompre avec l’économie libérale, il commence à être urgent de lancer le débat.

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  • 4 février 2021 à 11 h 16 min
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    Pourquoi 1250€, soit 75% du SMIC revendiqué ? 
    Pour trois raisons au moins :
    * 10 à 11 millions de personnes sont au-dessous du seuil de pauvreté ; et évidemment de bonnes âmes, parfois hypocrites (Laurent Berger…) se précipitent à chiffrer un « moindre mal » à 800 ou 900. Sans réponse à cette situation, à quelles couches sociales s’intéressent les revendications que nous formulons ? 
    * conserver un lien entre minima sociaux et SMIC/salaires est indispensable et sur ce point l’accord est facile, de fait aujourd’hui, même avec les associations caritatives. 
    * en fixant un seuil clair cela implique de fixer des règles pour les minimas sociaux tout en indiquant un possible bloc social de toutes les situations salariales entre ce plancher et à 5 fois au-dessus. 
    Cela permet de donner une référence à 96% des salariEs et pas plus; mais en donnant un repère commun il serait plus simple de faire entendre deux autres exigences :
    ** une sécurité sociale professionnelle garantie par des cotisations sur la valeur du travail dans les grandes entreprises comme chez les sous-traitants par une péréquation. Pour le droit au travail, au salaire, à la formation et donc à l’égalité femmes-hommes. 
    ** une baisse massive du temps de travail accompagnée des créations de postes de travail et des emplois utiles (culture, Fonctions publiques, système de santé et de transformation écologique.) 

    Tu vois comme moi que les deux derniers domaines de buts communs ne peuvent pas être discutés sans prendre d’abord en charge ce qui fait du quotidien une véritable catastrophe pour les 10 à 11 millions les plus « pauvres ». 
    Nous pourrions reprendre cette discussion si tu le souhaites et que tu veuilles développer plus tes arguments. 
    Amitiés 

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  • 4 février 2021 à 11 h 19 min
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    Sur le fond, je suis plutôt d’accord avec Muriel. J’ai déjà eu l’occasion de redire qu’en 1974, l’accord revendicatif CGT /CFDT reprenait cette exigence: le SMIC comme minimum. Sinon on accepte plusieurs « minimum », ce qui est peu acceptable sur le plan argumentatif, sauf à tomber dans des considérations douteuses. C’est pourquoi nous exigeons en même temps la sécurité des salaires par la sécu professionnelle (ou sécu universelle). D’ailleurs, il faut à mon avis toujours dire cela dans la même trame d’argumentation, sinon on tombe dans une exigence spécifique aux « pauvres », ce qui ne rend jamais service aux pauvres en réalité. Et en fait une « catégorie », alors que la menace d’insécurité touche tout le monde.

    Mais une fois cela dit, on peut avoir des exigences partielles ou transitoires, qui tiennent compte du niveau de conscience actuel, du rapport des forces, etc.
    Par exemple, exiger 300 euros pour tout le monde paraît « lunaire » à des caissières qui gagnent 700 ou 900 euros. Pourtant ce serait totalement légitime. Mais syndicalement, on peut unifier sur d’autres chiffres. Et parfois gagner (voir ce qui se passe dans le commerce, ou les hôtels…).
    De la même façon, on exige que le RSA soit accordé aux moins de 25 ans, alors que nous savons bien que le principe du RSA (et avant du RMI), n’est pas défendable.
    Toute la question, c’est de ne pas verser dans des justifications inacceptables. Par exemple dire que quelqu’un qui n’a pas d’emploi doit normalement gagner moins que quelqu’un qui en a un (sinon à quoi bon travailler?!!!). Ou dire que tel ou telle a moins de besoins, etc.
    Le débat existe aussi sur les qualifications, qui ne sont pas des situations « objectives », mais des luttes pour obtenir un pouvoir d’agir par un « pouvoir qualifié » sur le travail.
    Amicalement
    J CLaude Mamet

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  • 4 février 2021 à 11 h 22 min
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    Je ne pensais pas susciter un tel débat avec ma question. Du coup, je vais moi aussi préciser ma position.

    Ce que je dis sur le SMIC comme référence ne prend pas appui sur une revendication acquise d’une Sécurité sociale professionnelle mais sur 35 années de précariat (pas forcément de pauvreté) et la défense syndicale de pas mal de travailleuses pauvres qui me font sentir ultra privilégiée avec mes 35 années de précariat. Ce sont beaucoup des femmes seules avec enfants ou des travailleur.se.s âgé.e.s avec des soucis de santé, qui font parfois des amplitudes horaires de 12h, 15h pour gagner 300€, 400€ par mois. Parce que ce sont les cibles préférées de la politique patronale de baisse du coût du travail et de désintégration du salariat, qui fait passer les salaires bien en-dessous des salaires de subsistance. Avec pour conséquence qu’elles et ils doivent souvent aller aux restaurants du coeur pour se nourrir et nourrir leur famille. 

    C’est pourquoi, de mon point de vue, sans un positionnement clair sur la question du salaire minimum (qui ne peut pas être en-dessous du salaire de subsistance, sinon il fabrique des pauvres), et du revenu de remplacement (qui ne peut pas être en-dessous du salaire minimum sinon le salaire minimum baisse jusqu’au niveau du revenu de remplacement), aucun mouvement politique n’arrivera à contrer le discours de Macron sur la valeur travail – celui qu’il sert à toutes les sauces dès qu’il parle de stratégie de lutte contre la pauvreté, où il propose d’accompagner les chômeur.ses.s « découragé.e.s » vers un travail pas forcément choisi, avec pour axiome que ce travail pas forcément choisi ne doit pas forcément être rémunéré selon les conventions collectives, car le principal souhait du chômeur découragé, c’est de rétablir sa dignité, le niveau de salaire qu’on lui propose pour le « remobiliser », étant secondaire. C’est le cœur du débat.

    Car il n’y a pas d’argent magique pour financer une politique sociale. Il y a soit des cotisations, c’est-à-dire du salaire, soit des impôts. Et dans les deux cas, s’il n’y a pas de richesse produite, il n’y a pas de financement de la protection sociale (le raisonnement est le même avec des carottes dans les champs si on démonétarise). Or depuis Valls, cotisations et impôts disparaissent plus vite que la neige sur la banquise. Et c’est ça, la raison du développement exponentiel de la pauvreté, la disparition du salaire indirect et de l’impôt. Quand il y a des cotisations et de l’impôt, ils sont redistribués et soutiennent la demande. Les dividendes, eux, partent souvent aux Bahamas sans emmener les chômeurs dans leur valises de transactions électroniques avec des comptes off shore.

    Voilà pourquoi faire une distinction entre les honnêtes travailleurs qui ont droit au moins à un SMIC et une autre catégorie, non définie, qui ne mérite pas tout à fait autant nous semble dangereux. Parce qu’en réalité, le salaire minimum dans ce pays, c’est le RSA, pas le SMIC. Et pour toute une catégorie de la population, 600€, 700€ c’est le salaire maximum qu’elles (ce sont en général des femmes qui ont ces niveaux de salaires) peuvent atteindre.

    Comme revendication transitoire, il pourrait y avoir par exemple, qu’en-dessous du SMIC mensuel (c’est déjà une bagarre en soit que le SMIC soit revendiqué par tous les militants syndicaux comme un revenu mensuel minimum et pas comme un taux horaire), tout revenu d’activité soit totalement cumulable avec toute allocation servie (ARE, ASS, RSA, AAH, …). Et qu’au-dessus du SMIC, le cumul soit dégressif jusqu’à un niveau de revenu mensuel confortable (2 000 ou 3 000 € net, par exemple).
    ça permettrait de sortir pas mal de monde du cumul RSA / travail informel, qui est un facteur important de la grande pauvreté. Ou du travail informel sans RSA qui est encore pire. Et donc d’alimenter les caisses de protection sociale, et donc de financer ces revenus de remplacement à taux plein, tout en faisant baisser le chômage. Et même de contrer le discours du RN.

    Concernant les jeunes, j’ai une fâcheuse tendance à leur dire que, quand j’avais leur âge et que je faisais ce qu’ils faisaient, j’avais un salaire en contrepartie et je pense que c’est le bon discours par rapport aux jeunes. Qu’ils arrêtent avec les garanties jeunes, les stages à 450€, les services civiques, les missions d’interim de 4h, … et qu’ils exigent de vrais salaires quand ils travaillent (y compris en auto-emploi). A mon avis, c’est ce que les organisations politiques devraient prioritairement revendiquer pour les jeunes. A travail égal, salaire égal. Et les organisations syndicales devraient les aider à s’organiser pour faire requalifier leurs services civiques et leurs stages en contrats de travail.

    Avec en complément, un droit politique à un SMIC pour tou.te.s à partir de 18 ans, comme le propose Friot, ou en tous cas, un droit à un salaire transitoire vers un SMIC. Je pense qu’un revenu de solidarité qui les met dans une position d’assistés à l’âge où ils construisent leur image de soi, est très difficile à vivre pour les « bénéficiaires » (et non les ayant droits). Qui plus est, le RSA ne permet pas de valider  de trimestres de retraite, contrairement à l’ASS. Avec la retraite à points, il n’y aura peut–être bientôt plus de validation de trimestre pour personne mais pour l’instant, c’est encore un sujet.

    Quant aux questions des associations et de la pauvreté, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt « Le viol de l’imaginaire » d’Aminata Traore et « Quand la misère chasse la pauvreté » de Majid Rahnema. Ils ont une quarantaine d’années d’avance sur ce terrain et je trouve ces bouquins très utiles pour analyser ce qui est en train de nous arriver. Si vous cherchez des lectures au coin de la cheminée, je vous les recommande vivement.

    Amicalement
    Muriel

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  • 9 février 2021 à 22 h 04 min
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    Le temps du commun doit advenir.
    Est-ce un projet de slogan ? Un acte de foi ?

    Nous mettons en débat des propositions :
    • Combattre la pauvreté et la précarité ne peut attendre. Un objectif commun peut rassembler de l’étudiant boursier au chômeur, retraité ou précaire : personne ne doit être au-dessous d’un seuil de pauvreté à 1250€.

    Laisser ouvert, à définir ?
    OK

    • Augmenter les salaires. Le SMIC doit être revalorisé. Les salaires de tous les « premiers de corvée » aussi ! 300 euros de plus par mois est le chiffrage avancé par le personnel hospitalier pris au sens large, et à retrouver pour tout travail
    Voir § ci-dessus ; donc à regrouper avec ci-dessus.

    Défendre le maintien intégral des salaires à 100%. 
    Est-ce à cause du chômage partiel conjoncturel à la pandémie que ceci est posé en 3ème principe ? Alors ce n’est pas fameux comme base de raisonnement, nous ne réfléchissons pas sur la base de l’état d’urgence sanitaire de Macron ) Construisons une Sécurité sociale professionnelle, couvrant le risque de chômage. Ceci est à relier au § suivant où il est parlé de retraites et d’assurance chômage

    • Reconstruire le droit du travail : des droits renforcés et nouveaux pour les salariés et pour les précaires, protection contre les licenciements, des comités hygiène et sécurité dans le travail… Retrait des projets de casse des retraites et de l’assurance chômage. 

    Pour moi les deux § ci-dessus ne devraient en faire qu’un en explorant des solutions : le principe social promu par le CNR a fonctionné dans la période où le chômage était inexistant ou sporadique, nous sommes en chômage de masse depuis 30 ans ! Il faut être audacieux sur la durée du travail en particulier, voir votre § plus bas sur le sujet. D’autre part on ne peut plus baser le financement du social sur la seule main d’œuvre. Même si la production de richesses matérielles continue à demander de la main d’œuvre, la robotisation éloigne la main d’œuvre du produit fini. Les boîtes qui font un large bénéf. sous-traitent toute une part de l’industrie qu’elles gèrent dès lors qu’il s’agit de travail non qualifié : elle le font exécuter dans des pays à salaires bas (désindustrialisation …) ou par des PME dont elles sont les donneurs d’ordre parfois unique, qu’elles lâchent sans vergogne quand ça arrange leur business-plan.

    • Élargir le champ des services publics et assurer une gestion démocratique nouvelle
    OK

    Renforcer le financement de la Sécurité sociale par les cotisations
    ?

    Développer une gestion démocratique par les travailleur·es et par les usager·es, étendre son rôle à d’autres champs de la société du domaine des communs, développer la prévention.
    Le gouvernement actuel est en train de légiférer sur le droit du travail à appliquer dans les boîtes ayant « mission de service public » ! D’accord pour élargir le champ des services (exemples ?) et repenser leur gestion. Déjà reprendre la main sur ceux que les règles de l’UE sur la « concurrence non faussée » nous font démanteler : transports, énergie, exploitation des ressources naturelles…

    • Revendiquer la baisse massive du temps de travail et le droit à la formation tout au long de la vie.
    OK

    Répondre
  • 11 février 2021 à 15 h 26 min
    Permalien

    Le temps passe, le temps presse. Les régionales sont dans moins de 5 mois, la présidentielle dans 15 mois et aucune candidature à gauche n’est seule en capacité d’atteindre le deuxième tour. Des millions et des millions d’électeurs de gauche se prononcent pour l’unité contre le duo Macron-Le Pen.

    Alors que la crise sanitaire bat son plein, la crise sociale est là : licenciements, chômage, pauvreté. Ce n’est pas la crise pour ces 15000 fortunes françaises qui possèdent 100 milliards d’euros (4% du PIB français) en actifs dans ce paradis fiscal qu’est le Luxembourg où 6500 milliards cachés viennent d’être découverts. Voilà le vrai visage du capitalisme : la recherche du profit maximum, la fraude fiscale et le creusement des inégalités. Cela ne peut que renforcer la colère et les luttes pour l’emploi, l’augmentation des salaires et des minima sociaux, pour un revenu pour tous les jeunes de moins de 25 ans. Et le besoin d’une véritable alternative de gauche.

    Le temps passe, le temps presse. Les régionales sont dans moins de 5 mois, la présidentielle dans 15 mois et aucune candidature à gauche n’est seule en capacité d’atteindre le deuxième tour. Des millions et des millions d’électeurs de gauche se prononcent pour l’unité contre le duo Macron-Le Pen.

    Certains craignent que l’unité se fasse sur un mauvais programme. Nous avons une responsabilité pour aboutir sur une vraie plateforme de transformation sociale qui découle d’un travail de rédaction en commun. On peut et on doit trouver le plus grand dénominateur commun. Il n’y a pas de vaccin contre les trahisons excepté la force de l’union et la mobilisation sociale qu’elle engendre. La pression sociale est là, puissante, exaspérée par le macronisme. Elle recherche une rupture sociale, écologique et démocratique avec le système économique dominant.

    De très nombreux points communs existent quand on étudie et compare les programmes (*). Il y a eu un excellent appel pour les 75 ans de la Sécurité sociale signé par 100 % des responsables de la gauche. Il y a des appels communs semblables pour les services publics (EDF menacé par le projet Hercule, la SNCF, les hôpitaux, l’école, l’université, la recherche…). Quand on lit les dizaines d’appels unitaires qui circulent, ils disent presque tous la même chose. C’est aussi le cas du texte de « sortie de crise » avec 34 mesures présentées par 22 organisations syndicales, associatives et syndicales (dont la CGT, la FSU, Solidaires, Attac, Oxfam, Greenpeace …). C’est le cas de l’appel « 2022 (vraiment) en commun ».PCF, LFI et PS votent le plus souvent ensemble à l’Assemblée nationale. Un projet de loi commun LFI, PS et PCF a même été déposé sur les droits de succession ! Il existe une hostilité commune aux lois Macron sur la sécurité globale ou le séparatisme qui a conduit à des actions communes. Il y a aussi dans certains territoires des démarches de rassemblement en cours en vue des régionales. Nous devons maintenant répondre aux « Jeunes pour le climat » qui déclarent : «À vous qui prétendez représenter la gauche : vous ne représenterez rien ni personne tant que votre seul objectif sera de mettre en avant votre parti. Il en va de vos responsabilités ».

    C’est une question de volonté et d’initiative. J’appelle, avec mes amis, à ce que toutes les organisations, mouvements concernés fixent une date, un lieu et un planning de travail pour parvenir à une plateforme commune, en 8, 10 ou 12 points. Que soient entendus, auditionnés dans ce processus les acteurs sociaux ou citoyens, celles et ceux confrontés aux licenciements, au chômage, à la pauvreté …Mettons tout sur la table. Il y a des convergences mais aussi des divergences…discutons-en ! Un socle pour un contrat de législature et un candidat commun en 2022 sont possibles. Discutons sans préalable ni exclusive, ni hégémonisme avec la volonté d’aboutir et nous réussirons. Faisons-le publiquement dans des forums, des états-généraux avec bienveillance, sous le contrôle du peuple de gauche, celui qui vote et celui qui désormais s’abstient. Une fois que nous aurons une plateforme commune, le reste trouvera sa solution. Fabien, Jean Luc, Julien, Olivier… ouvrez vos agendas, invitez largement. Rassemblons les gauches sociales, écologistes, citoyennes. Si nous échouons, au moins on aura essayé. Si nous parvenons, comme je le crois possible, à un texte de propositions et de transformations pour la durée d’une législature, soumettons-le à tous, associations, syndicats, partis, militants, collectifs dans le pays. Ce sera un formidable évènement et cela créera une formidable dynamique. Toute la gauche attend ça.

    Le 9 février 2021
    Gérard Filoche, porte-parole de la Gauche démocratique et sociale
    « Lettre ouverte à la gauche » publiée dans Les blogs de Mediapart

    (*) http://www.gds-ds.org/tableau-comparatif-des-propositions-a-gauche/

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