Sécurité sociale du XXIe siècle ou retour au XIXe siècle

C’est à juste titre que Castex se présente comme « gouvernement de combat » mais pas contre la double crise, qu’il aggrave.

Pour en rester dans la protection sociale :

Emploi des jeunes

Sous couvert d’emploi des jeunes, Castex annonce l’exonération de cotisations sociales SALARIALES a priori jusqu’à 30 ans et 2,2 SMIC, selon MEDEF – BFM qui pilonnent en faveur de cette mesure depuis des mois.

On connaît le schéma : on commence par les cotisations salariales des jeunes, puis au nom de « l’emploi », les cotisations des seniors, puis de tout le monde.

Raison de la mesure : il n’y a plus de « charges patronales » au niveau du SMIC, donc on ne peut plus les baisser. Il ne reste que les cotisations salariales.

Avantages pour le patronat, les actionnaires :

  • Les cotisations salariales vont aller aux profits, aux dividendes, au lieu de la Sécu. La priorité de Macron c’est que les actionnaires profitent de la crise.
  • Le « trou abyssal » de la sécu » en 2020 (plus de 50 Md), en 2021… va encore s’accroître.
  • S’y ajoutera l’effet des charrettes de licenciements, pour la plupart non liées au Covid. Les employeurs aussi connaissent la « stratégie du choc ».
  • On n’entend nullement parler de compensation à la Sécu, le principe ayant été remis en cause par Darmanin (*).

Retraites et UNEDIC

La réforme des retraites est maintenue, probablement avec la clause du grand-père pour tenter de limiter les mobilisations et d’éviter autant que faire se peut un « tous ensemble ». Pareil pour la réforme de l’Unedic, également maintenue et un peu différée.

Nouvelle branche autonomie pour la Sécu

La 5ème branche, dont à la lecture des projets de loi on se demande ce qu’elle a à voir avec la Sécu, est en cours.

On arrive au point de rupture de la Sécu

L’objectif c’est son étatisation – fiscalisation : filet de sécurité fiscalisé pour « plus démunis » + fonds de pension et complémentaires comme aux USA.

C’est le but exprimé tant par CAP 2022 (voir une réaction syndicale ainsi que le texte du rapport CAP 2022) que par Darmanin.

  • Ainsi Darmanin déclarait que la caisse de la Sécu et la caisse de l’État « c’est la même poche ». En clair, un seul budget voté par les députés, alors qu’au contraire l’existence de l’ONDAM de Juppé est en cause dans une perspective de (re)conquête de la Sécu du 21e siècle.
  • En outre, une cotisation versée par l’employeur ou un impôt, une taxe, une complémentaire, payée par la population, ce n’est pas la « même poche » comme on l’a vu avec les Gilets jaunes… L’une se vide pendant que l’autre se remplit.

On arrive au tournant : « Sécurité sociale du XXIe siècle, dans le cadre des fondamentaux de la Sécu d’Ambroise Croizat, ou retour bien loin en arrière sous couvert de Covid.

Jean Claude Chailley

(*) Jusqu’à présent le principe était la compensation, bien que jamais totalement réalisée dans la pratique.

Dans le PLFSS 2020, avant Covid, il y avait environ 60 Md d’exonérations et exemptions de cotisations sociales.

  • Environ 10 Md n’étaient pas compensés à la Sécu.
  • Quant aux 50 Md compensés, ils manquent aux services publics.

Le CNR c’est la Sécu d’Ambroise avec financement par la cotisation, et le secteur public et nationalisé financé par les impôts. Quand on en sort, c’est tout l’ensemble qui trinque.

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